Un peu de dignité, est-ce trop demander?


Depuis des années, nous nous battons pour que sur les chantiers, particulièrement dans le secteur résidentiel, il y ait des installations sanitaires. Pourtant le Code de sécurité pour les travaux de construction contient à l’article 3.2.7 des règles très claires pour les cabinets d’aisances.

« 3.2.7 Cabinets d’aisances : dès le début des travaux, il doit y avoir un cabinet d’aisances pour chaque tranche de 30 travailleurs ou moins jusqu’à concurrence de sept (7) cabinets. Ces cabinets d’aisances doivent être :

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) (anciennement la CSST) a pourtant l’obligation de faire appliquer cette loi. Malheureusement, la vérité c’est que ce n’est pas une priorité à leurs yeux.

Les toilettes sur les chantiers résidentiels c’est souvent : se cacher derrière un conteneur, utiliser une boîte de plâtre vide cachée dans une garde-robe, un sceau de peinture vide cachée dans une cave, c’est perdre son 30 minutes de diner pour aller en vitesse avec l’auto dans un dépanneur ou un restaurant, etc.

Voyons donc, nous sommes en 2016! Un peu de respect et de dignité, est-ce trop demander? On n’accepterait ça dans aucun autre milieu de travail!

Plusieurs éléments sont à améliorer pour les femmes dans l’industrie de la construction et les toilettes en font bien entendu partie. Dans un milieu non traditionnel où entre autres l’intégration et la rétention des femmes sont difficiles, où les préjugés, le harcèlement et la discrimination systémique sont leurs lots quotidiens, peut-on minimalement leur permettre de garder leur dignité lorsqu’elles doivent aller aux toilettes? D’autant plus que les hommes aussi ont droit à ce minimum.

Il est vrai qu’il y a eu quelques améliorations concernant les installations sanitaires dans le code. Mais ces améliorations concernent les chantiers où il y a 25 travailleurs ou plus. Le problème est loin d’être réglé puisque l’on sait que 85 % des employeurs ont moins de cinq (5) employés et que sur les chantiers résidentiels il est assez rare d’avoir 25 personnes sur un chantier. Or, c’est là que se situe le véritable problème.

Des tonnes de réunions et des années de pourparlers pour en arriver à cela, c’est assez décevant. On nous dit que les inspecteurs ne sont pas assez nombreux, qu’il y a des problématiques plus importantes en santé-sécurité sur les chantiers, etc. Oui, bien entendu, mais combien d’années devrons-nous encore attendre et nous battre pour obtenir ce que tous les autres milieux de travail ont depuis des décennies? Est-ce qu’un jour ce sera une priorité?

Les travailleurs et travailleuses de la construction méritent le respect et la dignité. Et oui c’est aussi un problème de santé-sécurité!


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